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Carburants : les alternatives à l’huile de palme

L'Indonésie est le premier producteur d'huile de palme de la planète. / Novethic

 

Vous roulez au diesel ? Impossible d’échapper complètement à l’huile de palme. Mais de nouveaux carburants renouvelables arrivent sur le marché.

À la pompe, en France, le diesel contient 7% de biodiesel. Qui, pour des raisons économiques - et avant même que Total ne s’en mêle - est produit à partir de colza français mais aussi, en partie, avec de l’huile de palme importée de Malaisie ou d’Indonésie, voire de soja OGM d’Argentine. Pour l’heure, à moins de changer de moteur, il n’y a pas moyen d’y échapper. Mais des alternatives existent.

L'hydrogène vert

L’hydrogène décarboné, produit à partir d’électricité renouvelable par électrolyse de l’eau, est sûrement le carburant d’avenir le plus propre puisqu’il ne rejette ni carbone ni particule. Et permet au véhicule électrique une bien plus grande autonomie que les batteries lithium ion seules, avec des temps de plein très optimisés. Trois fois plus cher à produire que sa version issue du pétrole, l’hydrogène vert commence néanmoins à trouver preneur dans les transports en commun. Et les premiers bus à l’hydrogène décarboné rouleront à Pau en 2019. Au cœur du marché de Rungis, Engie vient aussi d’inaugurer une station multiénergies produisant et servant de l’hydrogène vert qui alimentera une flotte de 50 utilitaires Kangoo électriques de sa filiale Engie Cofely.

Le bioGNV

Le gaz naturel véhicule (GNV) renouvelable est encore rare. Mais des stations ouvrent. Evergaz, qui veut construire 30 unités de méthanisation en Europe, annonce sa première station bioGNV en Mayenne courant 2018. Contrairement à ses grands frères biocarburants, qui bénéficient de cultures dédiées (alors qu’au départ ils devaient seulement utiliser les jachères…), il est pour l’instant exclusivement issu de la méthanisation, à partir de résidus agricoles ou de déchets organiques. Et les flottes de bus et de poids lourds roulant au gaz se multiplient sous la pression des donneurs d’ordres.

Le bioéthanol

Alternative au GNV et au diesel pour les poids lourds, le bioéthanol de deuxième génération est produit à partir de résidus agricoles. Il peut être incorporé dans l’essence pour la verdir. Mais il est possible de l'utiliser seul. La commune de Bordeaux a expérimenté pendant un mois sur la ligne Bordeaux Blagnac un car roulant au marc de raisin produit par Raisinor. 

Les biocarburants de 2ème génération

Contrairement au discours des producteur de biocarburants de 1ère génération, la deuxième génération, issue de résidus organiques, existe déjà, et les problèmes de R&D invoqués sont plus liés à des questions de rentabilité des process. Ainsi des unités de production lignocellulosiques produisant des biocarburants avancés existent déjà en Finlande, au Canada, aux Etats-Unis, pour la filière éthanol.

On peut aussi produire du biodiesel à partir de paille et de bois par voie thermochimique comme l'a démontré le projet de R&D BioTiFuel, financé notamment par Total à Dunkerque. Ce dernier prévoit une industrialisation pour 2020, mais des unités existent déjà en Malaisie, au Nigéria et aux Etats-Unis en Louisiane. A Londres, Shell a aussi fait rouler des bus au marc de café.

L'hythane vert

L’hythane est un mélange de 80% de méthane et 20% d’hydrogène. Connu depuis longtemps, il a été testé dès 1995 au Québec et en Californie. En France, GDF-Suez l’a expérimenté dans le démonstrateur Althytude à Dunkerque de 2005 à 2010. Le démonstrateur power-to-gas Grhyd d'Engie, qui vient de démarrer à Dunkerque, devait en produire avec de l’hydrogène décarboné produite par électrolyse de l’eau pour faire rouler une cinquantaine de bus. Mais faute de réglementation pas pour ce nouveau carburant, cette partie du démonstrateur est abandonnée pour l’instant. Reste que pour être totalement renouvelable, l’hythane devrait être composé de bioGNV et d’hydrogène vert.

 

Source : L’Usine Nouvelle